Sauvage Taïga

Se nourrir dans la Taïga

Poisson qui sèche au vent

Nourrir le corps... Loin des supermarchés!

La diète sauvage dans la Taïga et la Toundra est simple : poissons, viandes, baies, champignons, plantes sauvages. Il s'agit d'une diète cétogène, basée sur les graisses et les protéines, les vitamines, fibres et minéraux. Cette diète ne comporte quasiment aucun sucre, ni lent, ni rapide, aussi appelé carbohydrate (très peu dans les baies et les pignons de cèdre). Elle est donc complètement éloigné de la diète de l'homme moderne, qui elle est principalement basée sur les carbohydrates: sucres, céréales en tout genre, légumineuses, féculents...

Les expériences de vie sauvage mon permis de vivre cette diète pleinement, avec parfois plusieurs mois de nourriture uniquement sauvage. Je rapporte ici un peu de mon expérience concernant ce thème qui me passionne. Dans mes aventures l'autonomie alimentaire est un but en soit qui crée un lien fort avec la nature, je deviens dépendant d'elle, au même titre que tout les êtres y vivant. Cette article peut aussi permettre à ceux qui souhaitent se joindre à une expédition, de pouvoir mieux se préparer.

Les immersions et expéditions sont principalement basés sur la pêche et la cueillette, mais aussi sur le jeûne, parce que le jeûne est indissociable de la diète sauvage, il prend part dans l'équilibre abstinence-abondance. L'abstinence survient lorsqu'il n'y a pas, que ce n'est pas la saison, ou le bonne endroit, ou que l'on a raté sa proie. L'abstinence est tout à fait naturelle, pourtant nous en avons perdu l'habitude. C'est lorsque la nourriture est rare que je la savoure le plus. Si se nourrir est un acte primitif, nécessaire (?...), il n'est pour autant pas anodin. Il s'agit de prendre la vie d'une plante, d'un animal, pour soi-même rester en vie.

Je prépare les longues immersions en Sibérie et en Scandinavie en alternant des jeûnes intermittents (manger une fois par jour) et en diminuant le plus possible tout les carbohydrates. J'essaie aussi de ne plus consommer ce qui est pour moi assez excitant et addictif, le café, le thé et le sucre.

Pendant l'aventure, lorsque le corps se nourrit uniquement des ressources sauvage, j'observe souvent le même rythme d'adaptation:

1: Enthousiasme du début de l'aventure, grande fatigue le soir, besoin de me coucher tôt et de dormir beaucoup.

2: L'effort physique intense devient pénible, le corps à froid, courbatures fréquentes, besoin de boire beaucoup, lèvres sèches, bouche pâteuse, urines foncées en particulier le matin. Grandes faims. Il m'arrive souvent de ne pas aller à la toilette pendant plus d'une semaine. Besoin de dormir encore plus et même de faire des siestes. Sommeil lourd. Le mental doit prendre relais pour que le corps tienne, la force doit venir de l'intérieur. Le corps se met à utiliser toutes ses réserves. C'est le grand nettoyage.

3:Et puis... Les choses changent. L'urine devient plus claire, le corps s'est habitué à vivre au grand air en permanence, je me sens léger, dynamique... Émotions de joie, de gratitude, les paysages me nourrissent autant que les poissons, les baies... Je peux facilement me contenter d'un repas par jour. Une certaine harmonie prend place entre l'abondance et l'abstinence. La nourriture subtil à autant de place que la nourriture physique dans l'alimentation de tout mon être.

4:C'est lorsque cette équilibre à pris place qu'il faut que je fasse le plus attention au "retour à la civilisation". Si par exemple j'arrive dans un village, que je suis invité à manger par quelqu'un ou que je me retrouve dans un magasin, mon corps malgré cet équilibre atteint aura tendance à avaler tout se qu'il voit, je me réjouis de toutes les saveurs retrouvées et la quantité de nourriture que je peux ingérer est impressionnante. J'ai l'impression d'être un animal. C'est là que ça peut faire mal, il faut que je sois très attentif et progressif parce que la nourriture "civilisé" devient un poisson dans un corps nettoyé par la diète sauvage. Encore une fois il faut éviter les carbohydrates et les réintégrer progressivement. Les légumes frais sont une panacée, la viande et le poisson aussi (leurs qualités à beaucoup d'importance).


Voici un peu de mon expérience, je ne parle pas ici des différentes saisons et du grand changement qu'elles imposent au rythme de la vie, cela en ferait un article bien plus long. Je n'évoque pas non plus toutes les variétés de plantes, de poissons, de champignons et d'animaux que l'on peut consommer, ni comment, c'est assez passionnant et très vaste comme sujet.