Iglou, une maison de neige et de glace

Projet Mars 2026
Iglou, une maison de neige et de glace
Expériences de vie sauvage et résidence d'écriture au cœur de la toundra
Deux voyages
Texte écrit pour présenter l'aventure qui débutera dans moins de deux mois. Je sais qu'il y a toujours deux voyages. Il y a le voyage que l'on rêve, que l'on imagine, que l'on écrit et réfléchit. Et puis, il y a le voyage que nous vivons à chaque instant (réel ?) avec nos pieds, nos mains, notre souffle, notre âme. Il faut essayer de réunir ces deux voyages pour qu'il n'en fasse qu'un, comme deux amants se découvrant.
Rejoindre le grand lac
Il me faudra plusieurs jours à ski pour rejoindre le grand lac d'altitude totalement recouvert par la glace. C'est là, au nord du cercle polaire, dans la toundra de Laponie, loin de tout village, de toute piste, de toute cabane, que j'établirai résidence pendant un mois.
Solitude. Silence. Neige. Vent. Soleil.
Une résidence éphémère de neige et de glace, inspirée par les peuples de l'Arctique, l'iglou.
Survivre un mois
Pendant ce mois entier, je tenterai de survivre en espérant pouvoir ressentir un peu ce que les indigènes des terres arctiques ont vécu dans les déserts de glace, loin des forêts denses, exposés aux tempêtes de neige, aux grands froids, avec des sources de chaleur extrêmement limitées.
Ressentir, c'est être présent aux détails : les couleurs du paysage, l'odeur de la neige, les écailles des poissons encore vivants, la ligne qui se tend... Tout devient nourriture pour l'esprit dans le silence.
Le souffle et la chaleur
Le travail du souffle et de l'esprit sera vital. La chaleur corporelle est le premier outil de survie, je devrai en prendre soin, la préserver, la cultiver, comme le font les mammifères du Grand Nord.
Dépendre du lac
Pour me nourrir, je serai dépendant du grand lac : l'eau pour m'abreuver, le poisson comme unique source de nourriture. Je vais devoir apprendre à le connaître, savoir où il se trouve, comprendre ses habitudes sous l'épaisse couche de glace.
Continuité d'un travail
Ce voyage est la continuité de mon travail depuis plus de 12 ans : me lier à la nature sauvage par l'immersion totale et transmettre ces expériences.
Apprendre à réapprendre
Loin de vouloir réaliser un exploit, il s'agira surtout de ressentir et d'être, dans ces paysages si beaux, si vastes. Voici la principale finalité de cette aventure : apprendre à réapprendre le monde sauvage, comme un enfant le ferait, par l'expérience, par l'erreur.
L'iglou sera ma résidence d'écriture, de contemplation et de recueillement. C'est grâce à l'écriture que je pourrai témoigner de cette expérience, donner des mots à la beauté sauvage, partager l'intimité de mon quotidien.
Le matériel
Dans mon traîneau, j'emporterai des vêtements de laine et de fourrure, certains que j'ai cousus et achetés, d'autres que j'ai hérités de précédents voyages chez les éleveurs de rennes de Sibérie.
Pour dormir, des peaux de rennes comme matelas et des couvertures en laine pour me couvrir. Le reste de mon équipement sera aussi simple et vital : hache, couteaux, pic à glace, pelles à neige (en bois ?), matériel de pêche et 8 kilos de viande de rennes qui assureront la nourriture des 8 à 10 premiers jours environ.
Écrire pour partager
Soigneusement emballés et gardés au sec, mes carnets d'écriture et des livres de l'ethnographe Paul-Émile Victor, précieux témoignages de la vie et des savoirs des Inuits du Groenland, dont je m'inspirerai pour pouvoir survivre dans ces paysages de neige et de glace, là où le ciel semble si vaste, si présent, si puissant, et l'homme si petit dans le cosmos infini.
